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Entretien

Entretien d'une pompe à chaleur

Par La rédaction de Maison bien chaufféePublié le 11 min de lecture

Un technicien en veste verte, à genoux dans le jardin d'une maison en brique, nettoie à la brosse la grille du ventilateur de l'unité extérieure d'une pompe à chaleur

En bref

Une pompe à chaleur d'une puissance de 4 à 70 kW doit être entretenue par un professionnel qualifié au moins tous les deux ans, la première fois au plus tard deux ans après sa pose. Un contrat d'entretien pour une pompe à chaleur air/eau coûtait de 160 à 350 € par an selon la formule, d'après un relevé publié en juillet 2026. Le prix compte moins que ce que le contrat comprend.

Que dit la réglementation sur l'entretien d'une pompe à chaleur ?

Le code de l'environnement fixe la règle pour les « systèmes thermodynamiques », c'est-à-dire les pompes à chaleur, dont la puissance nominale va de 4 à 70 kW : c'est le cas de presque toutes les pompes à chaleur de maison individuelle. Deux entretiens ne peuvent pas être séparés de plus de deux ans. La visite est faite par une personne qui a la qualification professionnelle requise, et le premier entretien a lieu au plus tard deux ans après l'installation ou le remplacement de l'appareil.

Au-delà de 70 kW, ce qui concerne surtout les immeubles et les locaux professionnels, l'appareil relève d'une inspection tous les cinq ans.

Selon le comparateur Selectra, aucune amende n'est prévue pour un entretien oublié. Les conséquences sont ailleurs : un fabricant peut lier sa garantie commerciale à des visites régulières, un assureur peut discuter un sinistre causé par un appareil jamais vérifié, et une pompe à chaleur mal réglée consomme plus. Pour remettre l'entretien dans le projet d'ensemble, nos guides sont réunis dans la rubrique guides pompe à chaleur.

Ce que la règle impose selon la puissance
Moins de 4 kWDe 4 à 70 kWPlus de 70 kW
ExemplesPetits appareils d'appointPompes à chaleur de maison individuelle, air/eau ou air/airImmeubles, locaux professionnels
ObligationPas d'entretien périodique imposé par cette règleEntretien au moins tous les deux ansInspection tous les cinq ans
Première visiteSans objetAu plus tard deux ans après la poseSelon la règle d'inspection
DocumentFactureAttestation d'entretien remise par le technicienRapport d'inspection

Le contrôle d'étanchéité du circuit frigorifique s'ajoute quand la charge en réfrigérant dépasse le seuil du règlement européen sur les gaz fluorés. Règles en vigueur au 28 octobre 2026.

Source : Code de l'environnement, article R224-44-3, analyse OPPBTP du 6 juillet 2026 ; Selectra, 3 juillet 2026

Que fait le technicien pendant la visite ?

L'entretien comprend la vérification de l'appareil, un contrôle du circuit frigorifique quand il n'est pas déjà soumis au contrôle d'étanchéité européen, le nettoyage si besoin, le réglage, et des conseils sur l'usage de l'installation et ses améliorations possibles. Concrètement, sur une pompe à chaleur air/eau, la visite porte sur :

  • l'unité extérieure : batterie d'échange, ventilateur, évacuation de l'eau de dégivrage, fixations et plots antivibratiles ;
  • le module intérieur : pression du circuit d'eau, filtres et pot à boues, vase d'expansion, soupape de sécurité ;
  • le compresseur et les raccordements électriques ;
  • la régulation : courbe de chauffe, aussi appelée loi d'eau, consigne de l'eau chaude, programmation ;
  • l'appoint électrique : il ne doit pas tourner plus que nécessaire.

Le réglage pèse plus qu'on ne le croit. La campagne de mesure publiée par l'ADEME en octobre 2025, menée sur des maisons passées du gaz ou du fioul à la pompe à chaleur, relève un coefficient de performance moyen de 2,9 pour les modèles air/eau, avec des écarts de 1,8 à 4,5 d'une maison à l'autre. Environ un tiers des appareils suivis restaient sous 2,5, le plus souvent à cause de la pose et des réglages. Selon le même avis, corriger les réglages ferait gagner environ un point de coefficient de performance, et chaque baisse de 10 °C de la température de l'eau envoyée aux radiateurs en apporte à peu près autant.

Le déroulé d'une visite d'entretien
  1. Relevé des informations

    Le technicien consulte le carnet de l'appareil, les codes d'erreur et la consommation de l'hiver passé.

  2. Unité extérieure

    Batterie d'échange, ventilateur, évacuation de l'eau de dégivrage, fixations.

  3. Module intérieur et circuit d'eau

    Pression, filtres, vase d'expansion, soupape de sécurité.

  4. Circuit frigorifique

    Contrôle, et contrôle d'étanchéité tracé sur fiche si l'appareil y est soumis.

  5. Réglages

    Loi d'eau, consigne d'eau chaude, appoint électrique, programmation.

  6. Attestation et conseils à la fin de la visite

    Document à garder avec la facture de pose.

Source : Code de l'environnement, articles R224-44 et suivants ; Fédération française du bâtiment, 27 novembre 2025

À la fin, le technicien rédige une attestation d'entretien et vous la remet. Elle reprend ce qui a été vérifié, l'évaluation de l'installation et les conseils donnés. Gardez-la avec la facture de pose : elle sert en cas de panne sous garantie, de sinistre ou de vente de la maison.

Faut-il un contrôle d'étanchéité du circuit frigorifique ?

Le réfrigérant qui circule dans la pompe à chaleur est un gaz à effet de serre. Le règlement européen sur les gaz fluorés impose des contrôles d'étanchéité périodiques au-delà d'un seuil de charge exprimé en tonnes équivalent CO2. Ce seuil dépend à la fois du réfrigérant et de sa quantité : deux appareils de même puissance peuvent être soumis à des règles différentes. La fiche technique ou l'installateur vous le dit.

Des mains gantées resserrent à la clé un raccord en laiton sous le module intérieur d'une pompe à chaleur, entre des tuyaux de cuivre isolés

Quand l'appareil est concerné, la Fédération française du bâtiment rappelle les règles en vigueur :

  • le contrôle a lieu tous les trois à douze mois selon la charge, et jusqu'à tous les vingt-quatre mois si l'appareil a un système de détection permanente des fuites ;
  • le premier contrôle se fait à la mise en service, puis après toute modification du circuit ;
  • chaque intervention est tracée sur une fiche officielle (Cerfa 15497) ;
  • une vignette bleue, avec la date limite du contrôle, est collée sur l'appareil ; une vignette rouge signale une fuite qui n'a pas pu être réparée tout de suite.

Seule une entreprise titulaire d'une attestation de capacité, avec un technicien titulaire d'une attestation d'aptitude, peut ouvrir le circuit, récupérer ou recharger le réfrigérant. Demandez ces documents, comme vous demandez la qualification RGE au moment du devis : notre guide pour choisir un installateur RGE explique comment la vérifier.

Combien coûte l'entretien d'une pompe à chaleur ?

Les prix ne sont pas réglementés. D'après le relevé du comparateur Selectra mis à jour le 3 juillet 2026, un contrat pour une pompe à chaleur air/eau se situe :

  • entre 160 et 220 € par an pour une formule de base, avec une visite tous les deux ans, la main-d'œuvre et le déplacement ;
  • entre 220 et 280 € pour une visite chaque année ;
  • entre 280 et 350 € quand le contrat inclut un forfait de dépannage.

Sans contrat, une visite d'entretien se paie le plus souvent entre 150 et 300 € selon ce qu'elle comprend. Un modèle avec ballon d'eau chaude intégré coûte un peu plus cher à entretenir. Pour ses propres calculs de rentabilité, l'ADEME retient 200 € par an d'entretien pour une pompe à chaleur, contre 150 € pour une chaudière.

Prix annuel d'un contrat d'entretien, pompe à chaleur air/eau

Fourchettes de prix TTC relevées par un comparateur, selon la formule du contrat.

  • Formule de base, visite tous les deux ans160 à 220 €
  • Visite chaque année220 à 280 €
  • Visite annuelle et forfait de dépannage280 à 350 €
  • Visite seule, sans contrat150 à 300 €

Source : Selectra, Entretien pompe à chaleur, mis à jour le 3 juillet 2026

Ce budget entre dans le coût total de l'appareil sur sa durée de vie, détaillé dans notre guide sur la durée de vie d'une pompe à chaleur. Si vous passez par l'offre intégrée de l'État, un contrat de maintenance d'au moins trois ans, pannes comprises, fait partie du forfait : notre article sur le leasing social de la pompe à chaleur en détaille les conditions.

Comment lire un contrat d'entretien ?

Deux contrats au même prix peuvent couvrir des choses très différentes. Avant de signer, lisez-le ligne par ligne avec ces questions en tête.

Une propriétaire et un technicien discutent à la table de la cuisine, deux chemises cartonnées, une verte et une corail, posées devant eux

Combien de visites, et à quelle date ? Une visite tous les deux ans suffit pour la loi. Une visite chaque année, de préférence avant l'hiver, coûte un peu plus mais repère plus tôt une baisse de performance.

Qu'est-ce qui est compris dans le prix ? Le déplacement et la main-d'œuvre de la visite le sont presque toujours. Les pièces d'usure, les filtres, le réfrigérant manquant et les interventions de dépannage le sont beaucoup plus rarement.

En cas de panne, sous quel délai ? Un forfait de dépannage n'a de valeur que s'il donne un délai d'intervention écrit, en jours ouvrés, et précise si les week-ends et l'hiver sont couverts.

Le contrôle d'étanchéité est-il fait ? Si votre appareil y est soumis, il doit figurer dans le contrat, avec la tenue de la fiche d'intervention.

Que se passe-t-il à l'échéance ? Repérez la durée, la reconduction et la façon de résilier. Le contrat doit aussi dire qui intervient : l'entreprise elle-même ou un sous-traitant.

Grille de lecture d'un contrat d'entretien
Point à lireCe que le contrat doit direSignal d'alerte
VisitesNombre par an ou tous les deux ans, période de l'annéeFréquence non écrite
PrixMontant TTC, déplacement et main-d'œuvre comprisDéplacement facturé à part sans le dire
Pièces et réfrigérantCe qui est inclus, ce qui est facturé« Pièces en sus » sans liste
DépannageDélai d'intervention écrit, en jours ouvrés, hiver comprisDélai « dans les meilleurs délais »
ÉtanchéitéContrôle et fiche d'intervention si l'appareil y est soumisAucune mention du circuit frigorifique
AttestationRemise après chaque visiteAttestation « sur demande »
Durée et finDurée, reconduction, façon de résilierEngagement long sans possibilité de sortie
IntervenantL'entreprise ou son sous-traitant nomméIntervenant non précisé

Source : Grille de la rédaction de Maison bien chauffée, établie à partir des obligations du code de l'environnement

Que pouvez-vous faire vous-même ?

Quelques gestes simples, sans outil, entre deux visites :

  • dégager l'unité extérieure des feuilles, de la neige ou des plantes qui gênent le passage de l'air, et laisser au moins l'espace prévu par le fabricant autour d'elle ;
  • vérifier que l'eau de dégivrage s'écoule et ne gèle pas en plaque sous l'appareil ;
  • lire de temps en temps la pression du circuit d'eau sur le manomètre et noter un écart avec la valeur indiquée par l'installateur ;
  • surveiller la consommation d'électricité d'un hiver à l'autre : une hausse nette sans raison évidente justifie une visite.

En revanche, n'ouvrez jamais le circuit frigorifique et ne touchez pas aux réglages internes du compresseur. Ces interventions sont réservées aux professionnels titulaires des attestations requises. Pour comprendre ce que vous lisez sur l'afficheur, notre guide sur la pompe à chaleur air/eau explique le rôle de la loi d'eau et de l'appoint.

Quels signes doivent faire appeler un technicien sans attendre ?

L'entretien périodique ne remplace pas l'attention au quotidien. Certains signes justifient une visite avant l'échéance, parce qu'une petite dérive laissée tout un hiver finit par coûter cher en électricité ou en réparation.

L'unité extérieure reste prise dans le givre plusieurs heures de suite. Un dépôt de givre est normal par temps froid et humide : l'appareil le fait fondre seul par des cycles de dégivrage de quelques minutes, pendant lesquels il fume et s'arrête de souffler. Une couche qui ne disparaît plus signale un problème de dégivrage, d'écoulement de l'eau ou de charge en réfrigérant.

La consommation grimpe sans raison. Comparez vos relevés d'un mois de janvier à l'autre, à températures proches. Une hausse nette indique souvent que l'appoint électrique tourne trop, par exemple après un réglage modifié ou une sonde défaillante.

La pression du circuit d'eau baisse d'une semaine à l'autre. Une petite baisse après la mise en service est courante, le temps que l'air contenu dans l'eau s'évacue. Une baisse qui revient après chaque remise à niveau trahit une fuite sur le réseau de radiateurs ou une soupape qui goutte.

L'eau chaude n'atteint plus sa température, ou les radiateurs restent tièdes alors que l'appareil tourne. Le défaut peut venir de la régulation, d'un filtre encrassé ou d'un circulateur fatigué.

Un bruit nouveau apparaît : claquements, sifflement, vibration qui se transmet au mur. Les plots antivibratiles s'usent et une fixation peut se desserrer. Un code d'erreur sur l'afficheur se note avec sa date : le technicien gagnera du temps.

Que changent l'hiver et le climat du Nord pour l'entretien ?

Dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de Seine-et-Marne et des Yvelines, tous classés en zone climatique froide H1, la pompe à chaleur travaille longtemps par temps froid et humide. C'est dans ces conditions qu'elle dégivre le plus souvent. L'eau de dégivrage doit pouvoir s'évacuer sans former de plaque de glace sous l'appareil : un bac ou un lit de graviers bien drainé, et un support qui surélève l'unité au-dessus de la neige, évitent bien des appels en janvier.

La campagne de l'ADEME relève d'ailleurs un écart de performance d'environ 30 % entre les régions les plus froides et les plus douces. Un appareil bien réglé compte donc davantage dans le Nord qu'ailleurs. Une visite placée en début d'automne permet de vérifier la courbe de chauffe et l'appoint électrique avant les premiers froids, plutôt que de découvrir un défaut à la première vague de gel.

Pensez aussi à l'environnement de l'unité extérieure : feuilles mortes en novembre, haie qui pousse devant la grille, bâche posée pour l'été et oubliée. Tout ce qui gêne la circulation de l'air fait baisser le rendement.

Qui paie l'entretien dans un logement loué ?

L'entretien courant d'une pompe à chaleur, comme celui d'une chaudière, fait partie des charges du locataire : visite périodique, nettoyage des filtres, petites pièces. Le propriétaire paie les réparations dues à l'usure normale de l'appareil ou son remplacement. Un locataire qui ne fait pas entretenir l'appareil s'expose à une retenue sur son dépôt de garantie.

Si votre pompe à chaleur a plus de quinze ans ou tombe souvent en panne, comparer le coût des réparations à celui d'un appareil neuf peut valoir la peine. Pour un devis de remplacement, vous pouvez demander le rappel d'un installateur RGE.

Un installateur RGE pour votre projet ?

Six questions, puis l'installateur qui couvre votre secteur vous rappelle dans les cinq jours ouvrables. Vous voyez son nom avant d'envoyer votre demande.

Questions fréquentes

L'entretien d'une pompe à chaleur est-il obligatoire chaque année ?

Non. Pour un appareil de 4 à 70 kW, la règle impose au moins une visite tous les deux ans. Une visite annuelle reste un choix utile, surtout si le fabricant en fait une condition de sa garantie.

Une pompe à chaleur air/air est-elle concernée ?

Oui, si sa puissance est comprise entre 4 et 70 kW. La règle vise toutes les pompes à chaleur dans cette plage, qu'elles chauffent de l'eau ou de l'air.

L'installateur peut-il faire l'entretien ?

Oui, s'il a la qualification requise et, pour toute intervention sur le circuit frigorifique, l'attestation de capacité. Rien ne vous oblige à confier l'entretien à l'entreprise qui a posé l'appareil.

Que faire si le technicien ne remet pas d'attestation ?

Réclamez-la par écrit : la remise d'une attestation après chaque entretien fait partie de la règle. Sans elle, vous ne pouvez pas prouver que l'entretien a été fait.

Que risque-t-on sans entretien ?

Pas d'amende, mais une pompe à chaleur qui consomme plus, des pannes plus fréquentes, et une garantie ou une assurance plus difficiles à faire jouer.

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